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Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

La vallée des masques
par
3 septembre 2012

Voici un roman dont on ne sort pas reposé. Il m'a fallu une centaine de pages pour entrer dans le rythme, dans l'histoire, dans l'écriture poétique et paraphrastique de l'auteur. Et puis, ensuite, malgré des passages longs, des répétitions, l'emballement et la fascination pour le monde décrit sont bien présents.

Tarun Tejpal construit une communauté qui paraît tout d'abord utopiste certes, mais plutôt positive. Une sorte de société idéale. Puis, très vite, le vernis craque et la vérité apparaît, pas aux yeux des gens embrigadés, mais à ceux des lecteurs et à ceux du narrateur, bien des années plus tard. "Nous étions tous égaux, nous étions tous frères. Mais à l'intérieur même des fratries, un respect particulier est accordé à celui qui est un peu plus qu'égal." (p.145/146)

Le narrateur, arrivé quasiment au plus haut de la hiérarchie est passé par des épreuves terribles, cruelles et violentes et en a fait subir autant. Dans cette société "idéale", l'homme, pour grimper les échelons ne doit avoir aucun attachement matériel ou affectif, aucune faiblesse. Les enfants ne savent pas qui est leur mère et les mères ne peuvent pas dire qui sont leurs enfants, tous vivant au sein d'un même groupe et jouant respectivement les rôles des enfants de toutes les mères et des mères de tous les enfants. La seule référence qui tienne, c'est Aum et donc la recherche de la vérité et de la pureté. C'est un monde sans sentiments, sans émotions : un monde animal, dans lequel l'homme nie totalement sa nature qui le pousse à vivre en étroite corrélation tant matérielle qu'affective avec autrui. Il doit tendre vers la perfection du corps et de l'esprit.

Ce roman est une sorte de fable sur tous les totalitarismes, sur toutes les dérives des intégrismes. Je ne suis absolument pas connaisseur de l'Inde et ne peux donc dire si Tarun Tejpal fait référence à son pays particulièrement. Je pense que son propos est universel. J'ai facilement pensé au stalinisme, au nazisme avec leurs épurations, leurs purges, vocables qu'emploie l'auteur, et sûrement à beaucoup d'autres régimes qui se sont assis sur la terreur, la domination et la soumission de leurs sujets. "Ce jeune Éclaireur, cependant, s'était avéré un frère sans défaut, doué d'un intellect exceptionnel, qui mettait ses paroles au service de la seule cause des purs. En moins de quinze ans parmi les Éclaireurs, il avait débusqué et livré plus d'une vingtaine de frères déchus, parmi lesquels d'autres Éclaireurs qui avaient égaré le sens du message qu'ils transmettaient. Et lors des procès d'épuration en présence des Grands Timoniers, il avait exposé avec brio et sans pitié les mensonges et les défaillances des traîtres." (p.350)

Là où l'auteur est très fort et réussit une vraie prouesse, c'est qu'il décrit des scènes terribles, des pratiques odieuses et détestables, notamment le sort réservé aux femmes -mesdames féministes, vous allez frémir et bouillir- sans jamais avoir recours à des descriptions minutieuses. Il pourrait aisément écrire des paragraphes insoutenables, mais son écriture est là qui, sans minimiser les souffrances, permet aux lecteurs des les lire sans défaillir. Il procède par images, par détours. Quelques chapitres sont particulièrement prenants et marquants (La trahison romantique, p.170 ; La fille au regard fulgurant, p.287) entre autres et globalement, les 250 dernières pages entrecoupées parfois de paragraphes un peu longs que l'on peut passer rapidement.

D'avance désolé, car je crains d'être un peu en-dessous de tout ce que j'ai ressenti en lisant ce roman, ce qu'il dénonce, ce qu'il raconte et décrit et également la manière d'y parvenir.

Un roman très fort et puissant, à l'image de sa couverture, de cette nouvelle rentrée littéraire.

Ce que savait Jennie, roman
par
25 août 2012

Roman sombre avec une héroïne lumineuse

Lorsqu'on ouvre un roman de Gérard Mordillat, on se doute qu'il ne va pas raconter la vie d'une famille bourgeoise ou aristocratique. Il parle du monde ouvrier, du prolétariat, monde bien souvent délaissé par les écrivains. Il décrit une famille en proie au travail précaire, au chômage, aux difficultés de s'instruire, de se nourrir, d'élever ses enfants, à la promiscuité, aux relations sociales limitées, du début des années 2000 jusqu'à aujourd'hui. Caricatural ? Pas sûr. Sûrement pas d'ailleurs. Peut-être des traits un peu accentués, mais c'est une contrainte pour tenir cette histoire en 200 pages. Jennie est présente et lumineuse tout au long de ce bouquin, même aux moments les plus douloureux, elle est là, et toujours sa présence illumine les phrases.

C'est un vrai beau personnage qui traverse les épreuves en cherchant à avancer, qui n'est jamais vaincue. Et pourtant, il lui en arrive des chocs, de révélations en événements, de rebondissements en tragédies.

Gérard Mordillat ne fait pas dans l'alambiqué. Son écriture est simple, directe, accessible ; phrases courtes, quelques descriptions de lieux ou de personnes (certaines sont terribles pour les décrits), dialogues. Tous les thèmes qui fâchent sont abordés : politique, chômage, travail des ouvriers mal rémunéré, licenciement et rémunération prohibitive des actionnaires, école, religion, même la télévision... L'auteur distille ses réflexions, ses perfidies tout au long des pages : c'est mordant, politiquement incorrect et tellement... jouissif, parce que bien dit !

"Quand elle était petite, au catéchisme, le curé leur avait parlé de la résurrection et leur avait présenté des images de Jésus montrant les plaies de son supplice à saint Thomas. Elle avait été punie pour avoir demandé comment ressusciterait un homme mangé par un requin puisque le Seigneur avait ressuscité avec ses blessures. Devrait-il ressusciter avec les siennes ? La question avait paru insolente." (p.56/57)

Sans apporter de solutions, il appuie là où ça fait mal : l'école par exemple qui peine à jouer son rôle : donner sa chance à chacun quel que soit le milieu social, qui n'a plu le temps d'apprendre à réfléchir : "Qu'est-ce qu'on t'apprend à l'école ? A être le meilleur, le plus performant, celui qui a les meilleures notes, celui qui rafle les prix... En réalité, on te dresse pour le marché. Pour te fourrer dans la tête l'idée de concurrence. (...) Ça sert à ça l'école. A faire de toi un type qui ne pourra pas penser en dehors de la concurrence et de la consommation. Question apprentissage de la liberté de penser, c'est pire que ce que faisaient les curés ! C'est la voie royale de l'aliénation. Tu ne crois pas qu'on peut très bien vivre sans vouloir être meilleur que les autres ?" (p.158/159) Et cette idée d'être le meilleur est tellement dominante que les parents le demandent instamment à leurs enfants. Pour avoir longtemps fait partie d'une fédération de parents d'élèves -j'arrête cette année, avoir de grands enfants permet de lever le pied sur certaines activités, mais bon, ça donne des cheveux blancs ! On vieillit, aïe, aïe, aïe- je peux affirmer que peu de parents s'engagent mais que beaucoup revendiquent pour une plus belle réussite individuelle de leur rejeton et non pas de l'ensemble des enfants. Dommage, mais malheureusement prévisible, la société actuelle privilégie l'individu plutôt que l'ensemble.

G. Mordillat n'est pas tendre avec les institutions, il ne critique point trop l'aide sociale à l'enfance, mon domaine d'activité, qui comme l'école, malheureusement, fait parfois ce qu'elle peut avec les moyens qu'elle a. Pas toujours facile de prendre en charge des enfants brisés par une famille explosée, qui le seront encore plus car totalement rétifs à des placements.

Bon, revenons à notre Jennie après mes digressions : Elle fait face à toutes les adversités. Son personnage domine : une jeune fille rebelle, mais avec de bonnes raisons, pas juste pour faire comme les autres.

Un roman de la rentrée littéraire qui devrait trancher avec le reste de la production par le monde qu'il décrit, par le contexte social et son héroïne "bouleversante et sublime" (4ème de couverture)

Maudite éducation
par
25 août 2012

Gary Victor au meilleur de sa forme

Roman très atypique dans la forme. Il y a cet homme qui raconte son adolescence, sa jeunesse, et puis cette relation difficile avec Coeur Qui Saigne et plus généralement, la vie en Haïti dans les années 70, la difficulté de vivre dans ce pays extrêmement pauvre, sous une dictature féroce. Carl Vausier n'a pas de chance, d'abord il n'est pas bien dans sa peau d'ado, ensuite il agit en dépit du bon sens parental au risque de se mettre à dos père et mère, et enfin, il ne peut pas dire ou faire ce qu'il veut au risque de se retrouver emprisonné voire pire par les tontons macoutes.

On est toujours entre roman autobiographique (d'après l'éditeur), roman initiatique, roman d'un amour fou et livre de réflexions de l'auteur, mais aussi entre rêve et réalité, deux notions que Gary Victor aborde très souvent :

"Je persiste à croire que ce qui est du rêve se confond avec le passé. Le présent lui-même n'est qu'un espace incertain à peine palpable, déjà évaporé alors qu'on n'a même pas profité de ce qu'il offre. L'homme n'a que ses souvenirs et le rêve est le cadre qui amplifie les perspectives, donne plus de luminosité à la mémoire. Le rêve surtout n'appartient qu'au rêveur. Tandis que nous ne sommes pas les propriétaires de nos souvenirs, car ils ont été souvent construits avec d'autres que nous, par d'autres que nous, qui peuvent avoir sur nos réminiscences des opinions et des sentiments différents." (p.128) J'aime beaucoup cette idée dont il parle que nos rêves sont personnels mais pas nos souvenirs, parfois même les deux peuvent parvenir à se confondre. Ne vous êtes-vous jamais posé la question de savoir si ce que vous pensiez être un souvenir n'est pas un rêve récurrent, qui serait entré en vous comme un événement vécu ? Une autre citation sur un thème similaire : "Flotter entre le réel et l'imaginaire met dans un état de doute permanent et de questionnement." (p.232) L'écriture de Gary Victor incite à passer du réel à l'imaginaire, du rêve à la réalité. Elle est simple, directe, belle et à la fois poétique. Je l'avais déjà remarquée dans son superbe roman Le sang et la mer (à l'époque j'encourageais très volontairement à le lire, conseil -que vous devez suivre, vous ai-je déjà déçu ?- que je ne peux que réitérer)

Mais Gary Victor ne se contente pas d'égrener ses réflexions sur ces thèmes, il parle aussi de son pays. Son pays vendu aux dictateurs, à ses brutes qui représentent la face sombre des hommes (un peu comme le portrait de Dorian Gray cachait celle de son modèle) : "Le Président Éternel, qu'on dit être aussi méchant, aussi inhumain -rappelle-toi qu'il a fait fusiller sans sourciller dix-neuf officiers-, n'est que le miroir qui reflète la bêtise, la violence, le mépris de la personne humaine qu'on cultive tant dans notre société. Il est la quintessence de ce que, malheureusement, nous sommes, notre être véritable, notre pur produit." (p.67)

Il est difficile d'y vivre sereinement, soit à cause de la pauvreté, soit à cause des ses opinions soit les deux en même temps. Carl est écrivain, journaliste et ne peut écrire n'importe quoi, il doit sans cesse composer avec son rédacteur en chef -le censeur- et le pouvoir. Malgré tout, il y reste, contrairement à beaucoup qui émigrent pour vivre mieux.

Et puis Gary Victor parle aussi d'amour. D'amour fou. D'amour passionnel, fusionel. D'amour physique aussi, certains passages sans être grossiers sont très explicites. De la difficulté de trouver le ou la partenaire fantasmé(e)(s).

Enfin, tout cela pour vous dire combien ce bouquin est excellent, beaucoup de phrases ont fait écho en moi, m'ont rappelé certains passages pas très faciles de mon adolescence (rassure-toi, maman, je ne suis pas allé dans les bas-quartiers nantais pour voir les prostituées, ni n'ai vécu dans un bidonville !). Comme quoi, même si les conditions de vie sont absolument incomparables, les tourments du corps et de l'esprit sont universels.

Précipitez-vous sur ce roman de le rentrée 2012 !

Tahoe L'enlèvement
par
10 juillet 2012

Étrange atmosphère qui se dégage de ce thriller : un coin de nature paisible, un détective qui vit peinard dans son chalet près du lac, et cette histoire de détournement de bateau. A partir de ce moment, tout part en vrille : McKenna se pose beaucoup de questions et veut absolument faire la lumière sur cette vieille histoire de meurtre. Évidemment, l'arrestation de Watson ne clôt pas le roman, rebondissements il y a. Le détective va devoir faire face à un gang de néo-nazis particulièrement désagréables pour ne pas dire antipathiques voire carrément à vomir. Mais, McKenna a des ressources, de l'aide d'anciens collègues, de Street et surtout de Spot, son chien, un superbe Danois qui obéit quasiment au doigt et à l'oeil. Un duo improbable quoique pas forcément original : ce n'est pas le premier enquêteur qui officie avec un chien dressé. Spot a cependant, outre ses qualités et ses mensurations tenant à l'écart quelques importuns, un apport comique au récit. Grâce à lui, McKenna s'essaie à l'humour à froid, à l'ironie ou à l'humour décalé : le chapitre pendant lequel il fabrique un pain en répondant au téléphone sous les yeux goguenards et étonnés de son chien, est drôle.

Il est assez difficile ici de le reproduire entièrement, en voici donc un extrait situé au début : Owen expose à Street son envie de faire du pain pour un repas entre eux deux :

"- Et je me rappelle cette tentative de faire des cookies il y a un an.

Elle fit un petit bruit bref, comme un début de rire. Rien de solide, mais c'était une musique enchanteresse après la sombre douleur d'avoir été prise en otage.

- Eh, j'avais éteint les flammes tout seul comme un grand, dis-je." (p.91)

Même si l'humour n'est pas le critère principal de ce polar, il n'en est pas totalement absent. Ni même la qualité d'écriture, plutôt bonne, voire très bonne, ce qui est une excellente surprise, car parfois les thrillers en manquent un peu. Attention, ce n'est pas non plus du Proust, mais bon, Proust n'est pas réputé pour ses intrigues policières : chacun ses qualités ! Le fait est que ce livre se lit très agréablement et je me suis surpris à le lire lentement -le rythme sans doute imposé par la nature omniprésente- pour en profiter un maximum, la grosse première partie au moins. La fin est comme souvent dans ce style de livres, enlevée et beaucoup plus rapide et le dénouement de l'enquête pas forcément inédit est assez intéressant et retors pour tenir le lecteur en éveil jusqu'aux dernières lignes.

Pour finir de vous tenter, voici les premières lignes du premier chapitre, pas forcément très représentatives du reste, mais qui personnellement m'ont tout de suite donné envie de poursuivre ma lecture :

"Une sonnerie stridente. Une sensation humide et froide sur ma joue. Dans mon oeil. Aïe. Une autre sonnerie. Façon désagréable de s'éveiller d'une sieste dans le rocking chair.

La truffe de Spot. Insistance. La truffe d'un danois dans l'oeil, c'est comme un morceau de beurre froid. Je le repoussai, m'essuyai l'oeil d'un revers de manche. Une autre sonnerie. Je louchai. Quelque chose étincelait dans le brouillard de ma vision. La plaque d'identification à l'oreille de Spot, qui reflétait la lumière entrant par la fenêtre. Je regardai l'horloge : 14h47. Autre sonnerie. Je me levai en clignant de l'oeil. Mes paupières étaient engluées par le fluide provenant de la truffe du chien. Cinquième sonnerie. Je passai dans mon coin cuisine et décrochai le téléphone. Celui qui appelait avait raccroché. Je n'entendis que la tonalité." (p.13)

Paraphilia

Editions Toucan

par
10 juillet 2012

Thriller anglais assez lourd à tous points de vue. Primo, par son poids : 520 pages plutôt denses, heureusement découpées en tout petits chapitres, permettant une lecture aisée, rapide et de se reposer de temps en temps, de sortir de l'atmosphère pesante qui fait l'objet mon deuxio. Deuxio donc, et surtout, par le thème principal qu'il aborde : les crimes sexuels concernant des enfants. Dire que l'on ne ressent rien en lisant ce livre est absolument impossible. Les auteurs -puisque Saffina Desforges est un duo d'auteurs anglais- nous plongent totalement dans le monde de la paraphilie et plus précisément dans celui de la pédophilie.

Il y a un discours très dérangeant qui est celui de certains pédophiles voulant faire de leur attirance sexuelle pour les enfants un simple comportement sexuel différent. Certains, dans les années 70, aux États-Unis demandaient même que soit reconnu ce droit à ce qu'ils nomment une sexualité différente, argumentant du fait que dans certaines sociétés, les enfants sont sexués ou qu'il y a longtemps, les gens vivaient tous dans une seule et même pièce et que donc les enfants assistaient aux ébats de leurs parents, entre autres arguments spécieux. Que c'est la société actuelle, moderne qui n'accepte plus la sexualité des enfants, pudibonde qu'elle est devenue. Si le propos est à la limite de ce qu'on peut supporter, ce bouquin a le mérite de faire connaître cette opinion, sans la défendre, en l'exposant telle quelle. Alors, vous dire que l'on se sent mal à l'aise en lisant de tels propos est un doux euphémisme. C'est extrêmement dérangeant, comme rarement je l'ai ressenti dans un livre. Mais d'un autre côté, je me dis que des gens existant réellement ont tenu et tiennent encore sûrement ce genre de propos, et qu'il n'est pas totalement absurde de le savoir pour pouvoir les contredire. L'objectif des auteurs n'est évidemment pas de faire l'apologie des paraphilies quelles qu'elles soient, mais d'exposer les arguments des uns et des autres. Se mettre dans la tête d'un pédophile pour tenter de comprendre ce qu'il ressent et pourquoi il peut passer à l'acte. Pas évident, je l'avoue, parfois abject, jamais rassurant. Bon, je vais arrêter là sur ce thème, parce qu'on pourrait en discuter des heures, mais sachez que les auteurs ont fait le tour de la question assez largement et qu'il n'est pas inintéressant de s'y pencher, même si cela est parfois difficile à entendre, ou en l'occurrence à lire. "Mais vue d'un oeil froid et clinique, la pédophilie ne diffère en rien des autres comportements sexuels s'écartant du modèle visant à la reproduction. Ce n'est qu'une variante de plus du désir sexuel de base, causée par des facteurs génétiques, pathologiques ou socio-environnementaux ; probablement une combinaison des trois. Ce n'est pas pour autant que c'est bien ou mal. Le bien et le mal relèvent de la moralité sociale, pas de la biologie. De l'éthique, pas de la science. Les troubles sexuels sont un domaine de la nature humaine qu'on commence à peine à comprendre." (p.300)

Pour le reste, eh bien, la révélation de l'intrigue n'est pas vraiment une surprise, mais le chemin pour y parvenir est suffisamment tortueux et semé d'embûches pour tenir en haleine le lecteur jusqu'au bout, malgré de longs passages inutiles en milieu de bouquin. Quelques grosses caricatures de méchants flics qui tabassent, de vilaines travailleuses sociales qui n'aiment pas les enfants ternissent un peu le tableau. Ce thriller est noir très noir, violent pas forcément dans des scènes hémoglobineuses, mais dans des scènes d'arrachements d'enfants et encore une fois dans des propos difficiles. Âmes sensibles s'abstenir !