Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

L'île du point Némo
par
1 septembre 2014

Que voilà un roman d'aventures foisonnant, et encore je ne vous ai pas tout dit ! Dans mon résumé volontairement succinct, je ne vous ai pas parlé de Monsieur Wang, directeur d'une usine de liseuses électroniques, un pervers, ni de Charlotte et Fabrice deux de ses employés ; j'ai également omis de vous parler d'Arnaud, l'ancien propriétaire de cette usine qui de son temps, aidé par sa bien-aimée Dulcie atteinte d'une étrange maladie, sorte de comas dont elle ne sort pas, fabriquait des cigares, comme à Cuba où existait dans de telles fabriques des lectures à haute voix pendant le travail ; et il me manque Dieumercie, impuissant dont la femme Carmen tente par tous les moyens de réveiller son sexe endormi. Tous ses personnages divers et variés sont dans ce livre absolument passionnant. Il est un hommage aux grands romans d'aventures de Jules Verne (L'île mystérieuse, Vingt mille lieues sous les mers, pour les plus flagrants), de H. Melville, RL Stevenson et bien d'autres, Agatha Christie également (Le crime de l'Orient-Express) ou Conan Doyle évidemment avec l'emprunt du nom Holmes voire même M. Leblanc, j'ai trouvé que M. Canterel avait des petits airs d'Arsène Lupin.

JM Blas de Roblès a une imagination débordante dans tous les domaines pour nous emmener loin, très loin et quand on y est, il en rajoute encore un peu pour nous éloigner plus, jusqu'à l'île du Pont Némo, lieu absolument extra-ordinaire que je vous laisse découvrir par vous-mêmes. Il regorge d'idées pour mettre ses personnages dans des situations étonnantes, risquées, drôles (comme les inventions de Carmen pour que son Dieumercie puisse enfin la combler sexuellement) ; à chaque fois une péripétie en amène une autre tout aussi folle. C'est un vrai plaisir que de retrouver l'ambiance de mes lectures enfantines ou adolescentes. Mais là où l'auteur est malin, c'est que son roman n'est pas qu'une aventure, un récit pour jeunes hommes et jeunes filles, c'est aussi un ouvrage plein de questionnements et de réflexion :
- sur la littérature, la lecture (de grands passages sont voués à la lecture à voix haute dans les ateliers de fabrique de cigares qui ont permis à beaucoup d'ouvrières d'accéder à la littérature), sur l'avenir du livre (Monsieur Wang fabrique des liseuses),
- sur la philosophie, la médecine et la science qui n'en finissent pas de chercher et de trouver des solutions pour tel ou tel souci, qui repoussent ainsi les limites de l'humanité et posent des questions éthiques,
- sur l'écologie, et la manière dont nous traitons la Terre, certains jusqu'au-boutistes pensant qu'elle se régénèrera seule,
- sur la politique mondiale, cette course à la croissance dont on ne sait pas jusqu'au bord de quel gouffre elle nous mènera.

L'écriture de JM Blas de Roblès est riche, très riche, tour à tour "vieille France", qui colle aux romans d'aventures auxquels il fait référence, lorsqu'il évoque l'épopée de Canterel, Holmes, Grimod et Lady MacRae : l'écriture pourrait faire penser qu'on évolue au début du XX° et puis on comprend qu'on évolue dans un monde inventé dans lequel la plus grande technique côtoie des us et coutumes du début XX°, un monde néo-rétro : "Après une courte nuit, abrégée par de légitimes récapitulations sur la poursuite qui s'engageait, mais surtout par l'aptitude de Holmes à renouveler son verre de whisky avant d'émettre le moindre avis, ils grimpèrent tous les quatre dans un cab aux alentours de midi. Depuis la réouverture des mines de houille et le retour du coke dans tous les domaines de l'industrie, un épais brouillard pesait désormais sur les métropoles européennes. Autrefois célèbre, le fog londonien avait repris sans peine ses lettres de noblesse, si bien que même à cette heure du jour il réduisait les rues à de lugubres canyons peuplés de silhouette vagues."(p.68/69) ; elle se fait beaucoup plus moderne lorsque l'écrivain s'intéresse à Monsieur Wang et ses employés ou à Carmen et Dieumercie, ce qui personnellement me plaît beaucoup, ce télescopage d'époque tant dans la description des lieux, des personnages, des habitudes, des vêtements que dans l'écriture.
Vous comprendrez aisément que j'ai plongé avec délices dans le roman de JM Blas de Roblès, que j'en suis encore à peine remis, que je le conseille à tous ceux qui veulent lire à la fois de l'aventure, une "critique radicale des idéologies et des gouvernances anonymes, tentaculaires, doublée d'une piquante réflexion sur l'art littéraire" (4ème de couverture), un livre totalement maîtrisé et vachement bien écrit et en plus magnifiquement illustré de cette couverture signée David Pearson (comme toutes les couvertures Zulma).

Théorie de la vilaine petite fille
par
1 mars 2014

Hubert Haddad s'empare de la vraie vie des sœurs Fox (et oui, elles ont vraiment existé, et si vous cherchez sur le Net, vous trouverez encore et toujours des articles les encensant et d'autres les descendant en flèche, comme quoi elles restent bien présentes ; de là à croire à la présence des esprits...). Il y mêle des noms de célébrités de l'époque, de gens moins connus et également des personnages de fiction. Et tout cela fonctionne admirablement. Il s'intéresse tout d'abord à la personnalité des sœurs Fox et de divers personnages qui interviendront dans l'histoire. Le début du roman peut paraître un peu long, demande attention et persévérance et l'on peut parfois se demander pourquoi untel ou untel est cité, mais on sait que tous se rejoindront un moment ou un autre ;

L'écriture de H. Haddad est là pour nous tenir, et heureusement, parce que la mise en scène passée, le reste du bouquin est un délice et se dévore jusqu'au bout (398 pages).
Il en vient rapidement aux premiers signes des esprits : "C'est alors que se fit entendre un claquement répété ; elle dénombra une douzaine de coups vivement martelés suivis de trois coups plus puissants et espacés, tout à fait comme l'annonce du brigadier sur le plancher des anciens théâtres, en signe des apôtres et de la Trinité" (p.41) Kate vient de découvrir son don de médium, et l'esprit qui l'habitera toute sa vie, elle le nomme "Mister Splitfoot". Le reste de l'histoire est l'enchaînement qui emmènera les sœurs Fox sur les grandes scènes, dans la belle société états-unienne de l'époque ; leur ascension est fulgurante, ce qui excite les jalousies et les conversions de certains flairant le bon filon pour se faire de l'argent ; c'est l'avènement des médiums et spirites en tout genre, charlatans et autres (si tant est qu'on ne croie pas déjà que tous sont des charlatans)
Hubert Haddad ne se contente pas de tirer le portrait des sœurs, il les replace dans leur époque et décrit l'Amérique de la seconde moitié du XIXe siècle. Le rattachement du Mexique à l'Union, la guerre de sécession, les luttes pour les droits des noirs, ... On croise quelques personnalités connues et d'autres beaucoup moins ou oubliées comme Frederick Douglass, né esclave, qui deviendra homme politique et conseiller de A. Lincoln, abolitionniste convaincu et convaincant qui militera également pour les droits des femmes, le premier homme noir à atteindre d'aussi hautes fonctions (il conclura l'un de ses discours par : "Right is of no sex- Truth is of no colour- God is the father of us all, and we are all brethren !" (p.274)
Ce qui a fini de me convaincre et qui est pour moi la plus grande qualité du bouquin -parmi toutes celles qui l'habitent-, c'est l'écriture de Hubert Haddad. De longues ou très longues phrases, dans un langage châtié, aux tournures élégantes, empli de mots rares mais néanmoins connus ("furibonderie", "séditieuse", "méjuger", "impécunieux", pour n'en citer que quelques uns) et d'autres nettement moins courants. Je me dois d'avouer ici en public que je n'aime pas trop les textes dans lesquels trop de mots que je ne connais pas sont inscrits, j'ai la flemme d'ouvrir un dictionnaire et j'oublie leur existence et a fortiori leurs définitions peu après. Mais maintenant que grâce à Liliba, j'ai un dico tout neuf, je me fais un plaisir de l'ouvrir, et second aveu ici même, jamais je n'ai autant cherché avec plaisir des définitions de mots que dans ce livre ; j'attendais même avec gourmandise le moment ou j'allais en trouver un inconnu de moi : "canitie", "liliale", "stertoreux", "égrotant", "épigone", "cachectique", "cippe", "amaurose", "cariatide", "valétudinaire", "herméneutique" (je connaissais ces quatre derniers, mais point leurs significations)
Vous l'aurez compris, ce roman est une vraie réussite, un de ceux que l'on ne quitte qu'avec regret, un de ceux qui instruisent et distraient les lecteurs simultanément, un de ceux dont on se dit que là, on a lu un grand roman et que tout le monde devrait le lire, un de ceux dont on aimerait que notre enthousiasme à son propos soit communicatif !
Plus de renseignements sur le site de l'éditeur Zulma.

Mais je fais quoi du corps ?
par
1 mars 2014

Troisième aventure de John-Fitzgerald Dumont dit Fitz, après Les talons haut rapprochent les filles du ciel et Les mannequins ne sont pas des filles-modèles, toutes deux fort réussies, cette troisième l'est tout autant. Plus sombre néanmoins, plus noire. Fitz change et on en est des témoins privilégiés. Dans ce troisième tome, il est moins question de nuits parisiennes, de drague. Fitz se sent très menacé et risque même de perdre ses amis Déborah et Moussah. Pour lui, ils iront au-delà de ce qu'ils pensaient pouvoir faire pour un ami au risque d'exploser leurs rapports. On sourit et on rit un peu dans la première partie, parce que Fitz est quand même un dilettante, un mec plutôt joyeux, puis l'humeur s'assombrit dans la seconde avec quand même quelques saillies d'Olivier Gay comme par exemple :

"Une ombre s'interposa devant le néon et je levai les yeux pour croiser un regard dur et froid comme le sexe d'un castor lapon." (p. 275)
Je ne suis pas loin de penser que ce troisième opus est le meilleur de cette série (pour le moment, car la fin laisse présager une suite) : on assiste en direct aux changements des personnages travaillés plus en profondeur, l'intrigue est plus fouillée, plus maîtrisée. La force de ce polar, c'est aussi l'écriture d'Olivier Gay, tour à tour légère puis plus sombre, elle suit ou précède ou colle parfaitement à Fitz. Le petit plus c'est encore de créer un monde très personnel, une équipe de choc : un clubbeur-jet-setteur qui mène la danse, assisté d'une prof d'histoire accro aux rails de coke, un vigile "balaise", un hacker invisible (mais qui est esquissé en ouverture et fermeture du livre) avec qui Fitz ne communique que par PC interposé et qui a pris les commandes de celui de Fitz, et l'ex de Fitz, commissaire de police qui n'intervient que pour tenter de le remettre dans le droit chemin.
A la maison, nous sommes deux fervents amateurs des aventures de Fitz, moi-même donc (c'est pas beau de commencer par soi, mais c'est pour laisser un peu de suspense) et mon fils, petit lecteur (c'est un euphémisme) qui l'a apprécié dès sa première apparition, qui a aussi lu la suite et à qui je vais passer sa (momentanée) dernière, je l'ai déjà appâté avec la couverture sans rien lui dire du contenu, sauf que je le trouvais encore meilleur que les autres.
Pour finir, une anecdote de lecteur : comme j'étais ferré, je voulais connaître le dénouement de l'intrigue rapidement, je n'ai donc pas lâché le roman avant d'avoir réponses à mes questions. Et puis, une fois la solution lue, j'ai savouré lentement l'épilogue, posant le livre pour regarder par la fenêtre, pour dire un truc sans importance (si si, ça peut m'arriver) à l'un des enfants ou à Mme Yv, puis je reprenais une page pour rester encore un peu en compagnie de Fitz et de ses amis, pour prolonger les moments passés avec eux...

Faire l'aventure, roman
par
1 mars 2014

Fabienne Kanor mélange adroitement les genres dans son roman : odyssée de ceux qui s'exilent pour trouver mieux ailleurs, roman initiatique du passage à l'âge adulte et roman d'un amour contrarié, mal engagé entre la jeune citadine bêcheuse et le jeune homme pas très sûr de lui. On commence avec ces deux jeunes gens à l'âge où l'on pense beaucoup à soi, où tout reste à faire pour se construire un avenir et une personnalité. Ils sont en devenir, des ados mal dans leurs peaux : "Oh, ce n'était pas la colère du jeune homme [Biram] qui l'alertait, mais plutôt ce truc visqueux et vénéneux qu'il sentait poindre derrière, et que les gens éduqués appellent mélancolie." (p.135) Puis ils feront leurs routes pas comme ils l'escomptaient, feront des rencontres qui leur permettront de vivre, survivre de toucher du doigt leur rêve.

Biram sera "modou-modou", vendeur à la sauvette, d'abord à Tenerife, ce qui sera l'occasion pour Fabienne Kanor de nous décrire le touriste de base sarcastiquement, le passage est un peu long, et c'est fort dommage, car je vous l'aurais bien cité en entier, je me contenterai du début : "Occupée à beurrer des sandwiches à la mortadelle, la femme, une bagatelle d'un mètre soixante à peine, bêlait aux oreilles de son mari. Elle rouspétait, pour commencer, contre cette chambre d'hôtel qu'ils occupaient depuis une semaine avec vue sur la moitié d'un parking et où l'on entendait les cris des voisins. [...] Il n'y avait pas plus plouc que les clients de l'Agua Mar. Plage, bar-tabac et supermarché, c'est tout ce qu'ils connaissaient, en dehors de leur chambre." (p.142/143)
En quatre parties, F. Kanor fait grandir ses personnages pour les emmener vers un âge adulte, vers des désillusions et des déceptions, mais aussi vers des espérances. Son roman est mélancolique, pas déprimant, parce que malgré tout, reste un ou des espoirs, ne serait-ce que celui de la vie qui continue et qui peut apporter son lot de belles surprises : il reste que lorsqu'on passe une partie de sa vie en tant qu'exilé sans papier, on ne peut pas dire que la bonne humeur, l'allégresse règnent en maîtresses. Biram et Marème sont des personnages auxquels j'ai eu un peu de mal à m'attacher ; malgré toute mon attention, je n'ai pas toujours ressenti pour eux toute l'empathie (et non pas de la pitié) que j'aurais voulu, sans doute parce qu'ils ne sont pas éminemment sympathiques, plus occupés à s'en sortir qu'à essayer de s'attirer les bonnes grâces ou des amis. Malgré cela et malgré des longueurs dans ce roman, je le conseillerais très volontiers, d'abord parce que je crois que les personnages, les situations évolueront dans chaque lecteur quelques temps après l'avoir fini et ensuite parce que l'écriture de Fabienne Kanor est vraiment très plaisante : des néologismes, des "africanismes" (ça se dit ça ?), des belles phrases propres à faire naître des images nettes, un langage simple et direct qui épouse parfaitement les caractères de Biram et Marème. Une écriture comme je les aime, inventive, originale et pleine de trouvailles.

Les enquêtes du département V, Dossier 64
par
1 mars 2014

Quatrième volet des enquêtes du Département V, toujours aussi bon, je ne vous le cache pas. Nous sommes nombreux à avoir aimé les trois précédents tomes (Miséricorde, Profanation et Délivrance), nous devrions être au moins autant à apprécier ce roman-ci. A ce propos et sans encore savoir ce qu'elles en ont pensé, ce livre fut l'objet d'une lecture commune avec mes éminentes copines de la blogosphère Lystig, Liliba et Hélène.
Cette fois-ci encore le trio fonctionne admirablement et de la même manière : Rose déterre un dossier qu'elle s'empresse de rendre attirant à Carl, Assad lui étant tout acquis. Carl est un flemmard dont l'instinct de flic, dès lors qu'il est réveillé ne s'endort plus qu'à l'ultime seconde de la résolution de l'énigme.

Le travail de Rose et d'Assad est donc de lui présenter un dossier "clef en main" : ils sont les petites mains qui cherchent, furètent dans les archives pour appâter leur chef. Rose est toujours sur le fil, entre ses différentes personnalités qui ne demandent qu'une raison pour s'intervertir. Assad, toujours mystérieux sur ses origines est collant, ne lâche rien et n'en fait qu'à sa tête. Carl, plus flegmatique est très pris par sa vie privée, entre sa future ex-femme qui veut partager leurs biens, son beau-fils qui ne fait rien, son ex-équipier cloué sur un lit médicalisé dans son salon et Mona son ex-psychologue devenue sa maîtresse.
Pour cette affaire, Jussi Adler-Olsen nous plonge dans le Danemark de l'extrémisme : le parti de l'extrême droite est en passe d'avoir des représentants au Parlement et son chef Curt Wald qui a tout fait pour que son parti arrive un jour au pouvoir est en première ligne. J. Adler-Olsen démonte les rouages de ce parti, fondé sur ce que la société danoise refuse de voir en face et sur ce dont elle ne peut s'enorgueillir : l'eugénisme mis en pratique au début du siècle dernier, lorsque des femmes jugées de mauvaise vie était enfermées dans l'île de Sprogø, surveillées, maltraitées voire stérilisées pour ne pas que leur progéniture gangrène la vie des honnêtes gens de l'époque. "Elles étaient maltraitées, elles travaillaient dur. Elles étaient menées à la baguette et brutalisées quotidiennement par un personnel sans qualification qui considérait ces filles, ainsi qu'on les appelait là-bas, comme des êtres inférieurs. Elles étaient surveillées nuit et jour. Il y avait des cellules on l'on mettait à l'isolement celles qui refusaient de marcher au pas. Elles pouvaient y rester des jours et des jours. Si l'une de ces filles nourrissait quelque espoir de partir un jour de Sprogø, il fallait de toute façon qu'elle accepte d'abord d'être stérilisée. Stérilisée de force ! On leur enlevait tout, Carl ! Excision et hystérectomie !" (p.187). J. Adler-Olsen construit une histoire dure, parfois insupportable d'intolérance et de violence tant physique que psychologique. Un contexte très fort, malheureusement réel. J. Adler-Olsen ne prend pas de gants et met ses compatriotes face à leur passé et leur présent (face à la montée des extrémistes). Dans le même temps, il sait se faire plus léger lorsqu'il parle des relations entre ses trois protagonistes (il y a notamment deux pages hilarantes d'une théorie implacable de Rose sur l'utilité pour les hommes de remonter la cuvette des toilettes pour uriner et de la rabaisser, une fois leur affaire faite), ou lorsqu'il décrit les rapports entre Carl et Mona, la femme qu'il aime :
"- On s'en fiche", dit-elle en l'attirant contre elle avec tant de volupté que le sang de Carl se mit à bouillir. "Je crois que tu es mûr pour une petite séance de gymnastique sous la couette", lui susurra-t-elle en glissant une main là où les petits garçons en bonne santé se tripotent à longueur journée." (p.317)
Une quatrième enquête très convaincante de 604 pages jamais ennuyeuses, au contraire (ce qui est pour moi un gage de grande qualité) qui se hisse très largement à la hauteur de Délivrance, le tome précédent que je trouvais le plus abouti. Mais jusqu'où ira-t-il ce Jussi Adler-Olsen, si à chaque épisode que je lis je le trouve encore meilleur que le précédent, et sachant que d'autres sont prévus, pour ma plus grande joie ?